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lundi 11 juillet 2016

Panégyrique pour une Europe des peuples

"Nous avons besoin 
d'une renaissance de la culture classique"


Leonidas Chrysanthopoulos, est un diplomate grec de renom. Il analyse ici les crises que traverse l'Union Européenne en apportant une vision pragmatique de l'effondrement en cours et des solutions pour y remédier. Ce petit fils de la démocratie athénienne appelle de ses voeux les européens à retrouver leur socle civilisationnel et la souveraineté de ses peuples natifs...

Source de l'article, ici : Solidarité & Progrès

En tant que diplomate de carrière, Leonidas Chrysanthopoulos a participé aux négociations pour l’adhésion de la Grèce à la CEE (Communauté économique européenne). 

Il a exercé les fonctions de consul général à Istanbul, ministre-conseiller à Pékin et représentant de la Grèce auprès de l’ONU. Premier ambassadeur de Grèce en Arménie, il fut également ambassadeur en Pologne et au Canada. Directeur général des affaires européennes au ministère des Affaires étrangères de 2006 à 2012, il a été élu secrétaire général de l’Organisation de coopération économique de la mer Noire (OCEMN). 

Il milite actuellement avec l’EPAM (Front populaire uni) pour libérer la Grèce du régime de mémorandum imposé par la Troïka.Il est l’auteur des Chroniques caucasiennes : reconstruction de l’État et diplomatie en Arménie.



Voici la transcription de l’intervention de Leonidas Chrysanthopoulos, ancien ambassadeur grec, lors de la conférence internationale de l’Institut Schiller des 25 et 26 juin 2016 à Berlin.

Crise mondiale : proposition de solutions

"Permettez-moi tout d’abord de féliciter l’Institut Schiller et sa présidente Helga Zepp-LaRouche pour leur combat afin de rendre le monde meilleur pour l’humanité. Je nous souhaite à tous beaucoup de succès dans cette importante conférence et espère que le résultat en sera bénéfique pour tous.

Le thème de notre conférence est très approprié et intervient à un moment où l’humanité est non seulement confrontée à la pire crise économique depuis la dépression de 1928, mais aussi à la pire crise des réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale, à cause de la politique agressive menée par les États-Unis ces dix dernières années, qui a détruit l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et la Syrie. L’UE continue de s’effondrer progressivement, car elle détruit ses États membres, ce qui en oblige certains à envisager de la quitter, tandis que son déficit démocratique ne cesse de se creuser et que les partis d’extrême droite se rapprochent de plus en plus du pouvoir.

L’économie mondiale ne parvient pas à sortir du cercle vicieux dans lequel elle est depuis l’émergence de la crise de 2008. Nous assistons à des manifestations mondiales contre les mesures d’austérité, qui accroissent la pauvreté au lieu de la croissance, et contre les systèmes financiers cupides qui conduisent à une inégalité sociale extrême. Les manifestations en France en sont un bon exemple. Jusqu’à présent, personne n’a été à l’écoute des populations. Il est temps enfin que des décisions soient prises sur les priorités qui seront bénéfiques pour les intérêts des êtres humains. Nous ne devrions plus nous demander ce que disent les marchés, mais ce que disent les populations.

L’UE est non seulement devenue une organisation incompétente, mais elle sombre dans le désarroi avec, chaque jour, des partis politiques qui se font entendre de plus en plus avec des programmes d’extrême droite et pour sortir de l’UE. Le référendum britannique de jeudi en est une preuve.

En Grèce, la situation se détériore. Après la législation adoptée par le Parlement le 22 mai, la Grèce a cessé d’exister en tant qu’État, abandonnant la gestion économique du pays aux prêteurs et à l’UE pour les cent prochaines années. C’est la première fois dans l’histoire qu’un pays s’auto-dissout.

Le Parlement n’a plus aucun rôle à jouer dans l’économie. En mai 2010, le gouvernement grec a été contraint de signer l’Accord sur les prêts conditionnés pour tenter, par des mesures d’austérité, de réduire la dette publique qui s’élevait à 129 % du PNB en 2009, soit 299 milliards d’euros en chiffres absolus. Après trois mémorandums et la mise en place de politiques erronées par l’UE, le FMI et le gouvernement grec, non seulement la dette publique n’a pas diminué, mais elle a même atteint 180 % du PNB.

Le gouvernement SYRIZA, qui a été élu sur un programme anti-austérité, a trahi le peuple grec en faisant exactement le contraire. Il n’a même pas pris en compte les résultats du référendum dans lequel 62 % de la population a voté contre les mesures d’austérité. Bien qu’ils aient reconnu leurs erreurs, l’UE, la Banque centrale européenne et le FMI continuent d’exiger la poursuite des mêmes politiques inefficaces qui détruisent un État-membre de l’UE et son peuple. De 9 % en 2010, le chômage est passé à 25 %, il est devenu courant de voir des Grecs chercher de la nourriture dans les poubelles, l’économie est paralysée par une hausse de la fiscalité, le système de santé s’est effondré et plus de 5000 personnes se sont déjà suicidées.

Mais ce n’est pas seulement que les mesures prises sont erronées, elles violent aussi le traité de Lisbonne ainsi que les droits du peuple grec, comme le confirme le rapport de l’expert indépendant des Nations unies Juan Pablo Bohoslavski, présenté le 29 février au Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

La guerre provoquée par les États-Unis en Syrie, avec la participation de certains États de l’UE, a provoqué la plus grande crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale. Presque 5 millions de Syriens ont quitté leur pays pour demander l’asile principalement dans l’UE. L’Allemagne en a recueilli 484 000, la Suède 108 000, sans compter les autres États membres. La Turquie en accueille actuellement 2 748 000, le Liban 1 500 000 et la Jordanie 1 265 000. L’UE, autrefois championne de l’aide humanitaire, a été incapable de gérer ce flux de réfugiés. La Grèce, qui n’a pourtant pas participé à la guerre en Syrie, a été inondée par un nombre accru de réfugiés alors même que beaucoup de pays membres de l’Europe centrale refusaient de les accueillir. Bien que le flux en Grèce ait été progressivement réduit après le fragile accord signé en mars entre la Turquie et l’UE, celle-ci doit être à la hauteur de ses décisions antérieures, prévoyant que 60 000 réfugiés actuellement en Grèce et en Italie seraient réinstallés dans des États membres de l’UE. Aujourd’hui, la Grèce accueille 56 000 déplacés, qui tous veulent partir pour le nord. C’est d’ailleurs une honte que les États-Unis n’aient accepté que 4000 réfugiés.

Une autre menace à laquelle l’humanité fait face est l’animosité américaine envers la Russie, comme si nous étions encore en pleine guerre froide. Un système de missile est mis en place pour encercler la Russie et, évidemment, Moscou prépare un bouclier de défense pour le contrer. L’embargo de l’UE contre la Russie après la crise ukrainienne n’aide pas du tout à la situation. Des menaces ont été récemment faites par Obama contre la Chine, l’enjoignant à limiter sa puissance économique.

Avec une Europe en pleine désintégration et des États-Unis recherchant l’affrontement avec la Russie et la Chine, l’initiative des BRICS peut représenter une solution pour l’humanité. C’est une initiative du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud, visant à poursuivre une politique de développement économique pour le bénéfice de l’humanité. Ils ont créé leur propre banque de développement pour investir dans les projets de développement nécessaires. La Chine a également mis en place la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (BAII), dont plus de vingt nations d’Asie sont membres fondateurs, ainsi qu’un fonds pour le développement de la Route de la soie. La Chine a proposé de créer une zone de libre-échange entre l’Asie et le Pacifique, proposition aussitôt rejetée par Obama, qui a créé sa propre organisation de libre-échange. Intégrer aux BRICS l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), pourrait donner naissance à une formidable puissance, qui, pourvu qu’elle reste hors du contrôle des banquiers, pourrait s’avérer décisive pour que l’humanité accède à la paix et mette fin à la pauvreté mondiale par le développement économique.

De ce qui vient d’être dit, nous pouvons déduire l’émergence d’une crise de civilisation qui entrave le progrès de l’humanité. Je suis totalement d’accord avec le point de vue de l’Institut Schiller : nous avons besoin d’une renaissance de la culture classique, alors que nous voyons quelles mesures sont prises pour empêcher que cela se produise. Ainsi, le système éducatif en Grèce est en train de tout mettre en œuvre pour faire disparaître la culture classique, semblant suivre le chemin tracé par les États-Unis et d’autres pays de l’UE. On dirait que la culture classique, qui englobe aussi l’humanisme, la philosophie, les sciences et l’art, fait peur aux classes dirigeantes, qui ne veulent pas voir les gens se remettre à réfléchir. Nous devons résister à ces tendances. En ce qui concerne le dialogue des cultures, oui, nous devons tout faire pour que cela ait lieu, et peut-être pourrions-nous faire partie du bureau des Nations unies pour le dialogue des civilisations et le rendre encore meilleur. Ces démarches pourraient renforcer les efforts pour instaurer une paix mondiale permanente.

En conclusion, et après avoir critiqué l’UE et les États-Unis, permettez-moi de proposer des solutions qui seraient bénéfiques pour l’humanité.

Pour la Grèce, il est impératif de dénoncer la convention de prêts de mai 2010, sur la base des articles 8-52 de la Convention de Vienne sur le droit des traités. Ces articles prévoient la nullité d’un traité en cas d’erreur, fraude, coercition sur un représentant d’un État, etc. La cessation de paiements, couplée à cette dénonciation de l’accord de prêt et à la nationalisation de la Banque de Grèce, permettrait à ce pays de réparer les dommages subis et de lancer un véritable développement. L’adoption d’une monnaie nationale suivra. Le Front populaire uni (EPAM), un parti politique qui n’a pas encore d’élu au Parlement, soutient cette politique :


L’UE

Elle doit être transformée en une organisation efficace, ayant pour seule priorité la sauvegarde des intérêts de ses peuples. Une nouvelle charte est nécessaire, rédigée par des mouvements de citoyens de ses États membres, qui présenteront leurs propositions à une Assemblée européenne composée de représentants de ces mouvements. L’UE existante doit être dissoute.

Les États-Unis

Ils doivent arrêter leur politique de destruction des nations et Obama doit rendre au Comité du prix Nobel de la paix ce qui lui a été décerné alors qu’il n’a rien fait pour le mériter (de même pour l’UE, qui a également reçu le Prix de la Paix). Les États-Unis doivent adopter une politique plus amicale envers la Russie et le reste du monde, pour le bien de l’humanité.


L’humanité

L’annulation de la dette globale, qui est d’environ de 600 000 milliards de dollars, permettra à l’humanité de redémarrer sur une nouvelle base plus saine. L’histoire nous donne de nombreux exemples d’annulation de la dette, de la Sisahthia, dans la Grèce antique, au Jubilé des anciennes communautés hébraïques qui, tous les cinquante ans, annulait toutes les dettes. Même dans les années 70, les pays développés de l’Occident ont supprimé la dette du Mouvement des non-alignés, permettant ainsi l’essor économique de pays comme la Yougoslavie. Le mouvement BRICS peut promouvoir cette politique, même si la décision doit être prise par le G-8. C’est tout l’humanité qui en bénéficiera, car elle sera alors en mesure de redémarrer sur des principes sains et clairs.

Pour mettre en œuvre les propositions mentionnées précédemment, il faut des politiciens qui ait de l’imagination, une vision et du courage, des politiciens qui se soucient du progrès de l’humanité et qui peuvent contrôler la cupidité des entreprises multinationales en limitant leur pouvoir. Ces politiciens n’existent pas aujourd’hui. Nous devons donc les créer."



samedi 11 juin 2016

La pression monte...

Le dénouement approche-t-il ? Sur le Vieux-Continent, la France s’est enfin réveillée, poussée à bout par le mépris de classe et la bassesse d’une élite dévoyée. Politiciens, médias et intellectuels sont désormais conspués dans un même crachat antiSystème. A ce sursaut nécessairement symbolique dans ce pays-symbole par essence s’ajoute, partout, le rejet massif de cette Europe des banksters, des lobbies et des technocrates glacés qui lamine les peuples. Enfin, à l’étage

Source, le lien ici : Réseau international

La grande crise, en phase terminale


9 juin 2016 


Le dénouement approche-t-il ? Sur le Vieux-Continent, la France s’est enfin réveillée, poussée à bout par le mépris de classe et la bassesse d’une élite dévoyée. Politiciens, médias et intellectuels sont désormais conspués dans un même crachat antiSystème. A ce sursaut nécessairement symbolique dans ce pays-symbole par essence s’ajoute, partout, le rejet massif de cette Europe des banksters, des lobbies et des technocrates glacés qui lamine les peuples. Enfin, à l’étage supérieur de la fusée-Système, ce même rejet de la caste dirigeante pave la voie à une présidentielle US explosive pour l’Empire, qui semble dès lors envisager les pires extrémités pour sauver sa tête. Partout dans le sanctuaire du Système atlantiste, le développement de ce climat insurrectionnel terrifie désormais la pègre néolibérale dirigeante, créant une tension inédite, radicale, qui préfigure des bouleversements décisifs et impose d’envisager les développements les plus extraordinaires.


Le printemps français

Jamais dans l’histoire de la Vème République, ni même avant, une élite politique, intellectuelle et médiatique n’aura suscité autant le mépris et le rejet du peuple. Il faut dire que rarement une caste dirigeante n’était tombée si bas dans l’Hexagone. Des politiciens désincarnés, des médias prostitués (10 milliardaires possèdent des médias français en plus subventionnés (1) et une intelligentsia nihiliste constituent désormais une sorte de dictature molle dont l’agenda se borne à satisfaire, à droite les rêves du CAC 40, à gauche ceux des lobbies LGBTQ ou SOS Racisme.

Le raz-le-bol est désormais tel que pour beaucoup de Français, l’opposition la plus radicale est devenue aujourd’hui une question de principe, une question de dignité, et finalement la seule posture moralement supportable.

La Loi Travail stigmatise ainsi pour l’instant toutes les rancœurs accumulées, toutes les vexations, toutes les rages contenues suite aux promesses non tenues, aux insultes, aux montages, aux mensonges, aux soumissions et aux trahisons. C’est un véritable «printemps français» qui est en train de germer, enfin.

Dans ce climat pré-insurrectionnel, Flanby peut dès lors bien placer ses derniers espoirs de réélection sur une réédition de la farce de 2002 (qui porta Chirac au pouvoir avec 82% des voix contre Le Pen) – on a les ambitions qu’on peut – il est peu probable que la France éveillée se laisse couler jusque-là.

Mélenchon a dès lors parfaitement raison de penser, d’espérer, que face à un tel rejet du Parti Unique à deux têtes (et un épouvantail), les scénarios les plus improbables deviennent possibles, sinon plausibles.

A n’en pas douter, la Présidentielle française de 2017 s’annonce explosive elle aussi !

La pression monte.


Vers la fin de l’Europe soviétique

Au niveau européen. C’est le même constat. L’Europe des banksters qui a émergé du Traité faussaire de Lisbonne n’est plus qu’un cadavre politique nourrissant une multitude d’insectes dont le job, grassement payé par des contribuables exsangues, se résume à faire croire qu’elle est toujours vivante. Mais il n’en est rien.

L’Europe est un échec politique dont la structure littéralement soviétique (2) n’est plus réformable. Et cela aussi, les peuples l’ont bien compris.

Alors que ses élites non élues mènent des trains de vie somptuaires, le petit peuple crève et se voit roué de coups dès lors qu’il s’insurge contre le racket organisé, comme en Grèce.
On pourrait établir une liste d’exemples sans fin de la toxicité d’une Europe aux tendances totalitaires, vendues aux lobbies, qui s’arroge le pouvoir d’empêcher les peuples de disposer d’eux-mêmes, qui les menace, les fait chanter, les punit et les transforme en working poor au service d’actionnaires apatrides déjà obèses. Nous y préfèrerons un simple témoignage.

Dimanche passé, jour d’élection en Italie, nous avons eu des nouvelles d’une amie, maman italienne de 50 ans ayant perdu son commerce, et dont le mari est au chômage. Sans ressources, elle a saisi l’opportunité de travailler comme d’autres dans un bureau de vote toute la journée. Résultat: 12 heures de labeur pour… 50 euros, soit 4 euros de l’heure. Sa sœur, maman divorcée, cumule quant à elle pas moins de trois jobs pour survivre, également payés au lance-pierres.

Jamais à l’époque de la Lire et de la souveraineté de l’Italie, une telle misère n’avait ravagé la péninsule.

Coïncidence: le jour même où nous parvenaient ces nouvelles révoltantes, TF1 se fendait d’un sujet sur les revenus de certains gérants de fonds de pension. Dans deux cas au moins: ces revenus culminaient à 1,5 milliard d’euros, soit 4 millions d’euros par jour, ou 170 000 euros de l’heure (3).

Certes, nous aurions pu nous contenter de mettre en parallèle les salaires des petites mains italiennes avec ceux des fonctionnaires européens, la comparaison étant déjà largement indécente.

Reste que l’obscénité manifeste de cette disproportion des revenus entre des mamans sans ressources et un surmort de la finance mondiale dit mieux que tout l’absurdité d’un néolibéralisme devenu fou, devenu crime contre l’humanité à force d’injustice, et dont l’Europe de Lisbonne se fait aujourd’hui le promoteur zélé.

Dans quelques jours, un Brexit pourrait pourtant sonner le coup d’envoi de la déconstruction de cette Europe ratée, de ce sous-produit de la sous-culture mercantile étasunienne. Mais même en cas d’échec, un Grexit, un Frexit ou un Italexit finira bien par passer l’épaule. Question de temps.

La pression monte.


Une guerre nucléaire pour sauver Washington ?

Pendant ce temps-là, l’échéance américaine approche, avec sa charge explosive énorme, fabuleuse.

De plus en plus, il apparaît en effet possible, sinon probable, que la planche pourrie démocrate, «Crooked Hillary», pourrait bien se faire bouffer toute crue par l’abominable Trump.

La pauvre Killary, menteuse pathologique (4) et va-t-en guerre hystérique, cristallise en effet de plus en plus de haines à travers le pays et il n’est de loin pas assuré que les supporters démocrates de «Bernie» reportent leur vote sur elle. Trimbalant une série de casseroles longue comme la journée d’un working poor européen, Killary est en effet perçue pour ce qu’elle est: juste une marionnette aux mains de Wall Street et du Parti de la guerre US, un parfait clone d’Obama donc, un parfait petit soldat du Système et de son hyper-classe des 1%.

Wall Street et le Pentagone sont dès lors tétanisés par la possibilité de voir s’asseoir derrière le bureau ovale un outsider aussi grossier qu’incontrôlable, qui ose parler de désengagement militaire, d’équilibrage dans la question israélo-palestinienne ou carrément, suprême hérésie, de normalisation avec l’ignoble Poutine.

Et toute la question qui agite désormais les observateurs antiSystème est de savoir si Wall Street et le Pentagone vont tout simplement accepter de prendre un tel risque.

Les rumeurs d’une «october surprise» vont donc bon train, et chacun se demande quel lapin les marionnettistes de l’Etat profond US vont bien pouvoir sortir de leur chapeau pour geler le processus, se donner le temps de reformater l’opinion et permettre ensuite au Système «de perdurer dans son être».

C’est qu’en matière de scénario-surprise, il va falloir être créatif. L’assassinat pur et simple de Trump est certes une option, mais c’est du déjà-vu et personne ne croirait plus à la version d’un fanatique manipulé depuis Cuba ou Tora Bora.

Difficile aussi de refaire le coup du 11 Septembre. Trop gros, trop cher, trop risqué à faire avaler un remake, et il est presque assuré que les Saoudiens rechigneraient à passer à la caisse une deuxième fois. Et puis en ce moment, c’est pas terrible avec les Saoudiens.

Non, le plus simple, c’est de faire dans l’énorme, le gigantesque, dans l’incontestable, l’irréfutable, l’indiscutable. C’est-à-dire dans la guerre, évidemment contre la Russie, et nucléaire si possible, histoire de vraiment aveugler tout le monde.

C’est la thèse de plusieurs commentateurs tant russes qu’américains qui estiment aujourd’hui que les préparatifs de la chose vont d’ores et déjà bon train.

Au nombre des arguments avancés: le long travail de formatage des opinions publiques à la russophobie depuis 5 ans; le déploiement de forces US d’une ampleur inédite depuis 1944 en Europe; le cinglant refus d’Obama de discuter avec Poutine de la question de plus en plus sensible du bouclier anti-missile (5) et, enfin, l’inquiétante inauguration en Roumanie, en mai dernier, d’un système US de missiles «Aegis Ashore» parfaitement profilé pour le lancement d’une attaque nucléaire de première frappe contre la Russie (6).

Bien sûr, il y a loin de la coupe aux lèvres, mais force est de constater que tous les ingrédients de l’explosion sont réunis. Car au-delà de la volonté ou non des Etats-Unis d’appuyer sur le bouton rouge en premier, la question se pose de savoir combien de temps Moscou acceptera de rester sous la menace de cette première frappe nucléaire avant de détruire la base roumaine en question (ce que ferait n’importe quel dirigeant normalement constitué, cf la crise des missiles à Cuba).


Ce moment où tout devient possible

En résumé, nous voici donc face à une situation où, de Paris à Washington en passant par Bruxelles, un véritable climat d’insurrection se globalise contre la pègre dirigeante néolibérale, avec des possibilités de développements extraordinaires: renversement de gouvernement en France, dislocation de l’UE, éclatement intérieur de l’Empire.

Tout est donc possible désormais avec, en embuscade, l’ultime folie de marionnettistes US en train de créer toutes les conditions d’un affrontement nucléaire qu’ils espèrent sans doute voir confiné à l’Europe et à la Russie bien sûr, le tout avec l’effarante complicité suicidaire de Bruxelles.

La grande crise générale du Système néolibéral semble donc bel et bien entrée dans sa phase terminale.

La pression monte.

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1- Pourquoi 10 milliardaires contrôlent-ils notre information ?

2- Un ex-soviétique parle de l’UE: «J’ai vécu dans votre futur et ça n’a pas marché »

3- Finance: les patrons les plus riches du monde

4- Hillary Clinton lying for 13 minutes straight

5- Obama Slams Door in Putin’s Face Says if Putin doesn’t want Russia’s retaliatory forces eliminated, he’ll need to be the one to press the nuclear button first.

6- Déploiement en Europe du système balistique américain Aegis permettant une attaque nucléaire de première frappe contre la Russie

6- The red line crossed, in the cross-hairs, at trigger point — waiting for an october surprise

source: http://www.entrefilets.com/la_grande_crise_en_phase_terminale.html

lundi 2 mai 2016

Attention, avis de chaos financier !

L’effondrement du système monétaire fiduciaire occidental 
a peut-être commencé…


Peter Koenig 

30 avril 2016 32 Réseau International


Le 19 avril 2016, la Chine sortait les nouveaux yuans soutenus par l’or. Ces deux dernières années, le rouble russe était pleinement soutenu par l’or. Personne dans les médias occidentaux n’en parle. Pourquoi le feraient-ils ? – Un lecteur occidental pourrait commencer à se demander pourquoi il est constamment stressé par un système monétaire fiduciaire basé sur le dollar étasunien et manipulé à volonté par une petite élite d’oligarques financiers pour leur avantage, au détriment des gens ordinaires.

Dans un récent article de Russia Insider, Serguei Glaziev, un des plus éminents économistes russes et conseiller auprès du président Poutine, avait affirmé : «le rouble est la devise la mieux soutenue par l’or au monde». Il a continué en expliquant que la quantité de roubles en circulation est couverte par environ deux fois la quantité d’or détenue par le Trésor russe.

En plus de leur alliance financière, la Russie et la Chine ont également développé, ces deux dernières années, leur propre système de transfert d’argent, le Système de paiement international chinois (CIPS), ou autrement dit, le réseau CIPS remplace le système de transfert occidental SWIFT pour le commerce interne entre la Russie et la Chine. Le terme SWIFT signifie Société pour la télécommunication financière interbancaire mondiale, un réseau qui fonctionne dans 215 pays et territoires, utilisé par plus de 10 000 institutions financières.

Jusqu’à récemment, presque toutes les transactions monétaires internationales devaient passer par SWIFT, un établissement privé, basé en Belgique. «Privé» comme la Federal Reserve Bank (Fed), les banques de Wall Street et la Banque de règlements internationaux (BRI), toutes impliquées dans les transferts monétaires internationaux et fortement influencées par la famille Rothschild. Ce n’est pas étonnant que le SWIFT indépendant suive les sanctions de Washington, par exemple, en écartant l’Iran du système de transferts internationaux. De même, Washington a employé des pressions sur SWIFT pour qu’il vienne en aide aux fonds vautours newyorkais de Paul Singer qui a extorqué plus de 4 milliards de dollars à l’Argentine. Cette extorsion a été faite en entravant les paiements réguliers de la dette argentine comme convenu avec 93% de ses créanciers. Par la suite, l’Argentine a trouvé d’autres moyens pour effectuer ses paiements et évité de s’enliser dans le discrédit et l’insolvabilité.

Tout ceci a changé pour l’Argentine quand Mauricio Macri, le nouveau président néo-libéral, mis en place par Washington, est apparu sur scène en décembre dernier. Il a rouvert les négociations et s’est dit prêt à payer une importante tranche de cette dette illégale, malgré une décision de l’ONU stipulant qu’un pays qui conclut un accord de règlement avec la majorité des créanciers ne devait pas être mis sous pression par les créanciers récalcitrants. Dans le cas de l’Argentine, le seigneur des vautours avait acheté la dette défaillante du pays pour une misère et maintenant que l’économie du pays s’est renforcée, veut se faire une fortune sur le dos de la population. Et voilà un exemple de la façon dont fonctionne notre système monétaire occidental frauduleux .

L’économie de la Chine a surpassé celle des États-Unis, et cette nouvelle alliance orientale est considérée comme une menace existentielle pour l’économie véreuse occidentale. Le CIPS, déjà utilisé pour le commerce et les échanges monétaires entre la Chine et la Russie, est également utilisé par les autres membres du BRICS, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud; ainsi que par les membres de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS): l’Inde, le Pakistan et l’Iran, ainsi que l’Union Economique Eurasienne (EEU – Arménie, Belarus, Kazakhstan, Kirghizistan, Russie et Tadjikistan). On dit que le CIPS est prêt à être mis en œuvre dès septembre 2016. Ce serait une alternative formidable au système monétaire occidental frauduleux, à la Ponzi, basé sur le dollar.

Cette nouvelle souveraineté monétaire orientale est une des raisons principales pour lesquelles Washington essaye si durement de détruire les BRICS, principalement la Chine et la Russie – et récemment avec un effort particulier et sous de fausses accusations, le Brésil, dans une sorte de révolution latino-américaine de couleur.

En outre, en fin d’année dernière, le yuan a été accepté par le FMI pour faire partie du panier des SDR (Droits de tirage spéciaux) comme cinquième monnaie de réserve; les quatre autres étant le dollar étasunien, la livre sterling britannique, l’euro et le yen japonais. Les SDR fonctionnent comme une devise virtuelle. Ils sont constitués de la moyenne pondérée des cinq devises et peuvent être prêtés à la demande des pays, comme moyen de prévention des risques liés à l’échange. Faisant partie des SDR, le yuan est devenu officiellement une monnaie de réserve. En fait, en Asie le yuan est déjà fortement utilisé par les Trésors de nombreux pays, une alternative au dollar étasunien de plus en plus volatil.

Ce n’est pas un secret, le système monétaire fiduciaire occidental basé sur le dollar est à bout de souffle, arrive en fin de course – c’est le destin réservé à tout schéma de Ponzi. Que veut dire monnaie fiduciaire 1? C’est de la monnaie créée ex nihilo, à partir de rien. Elle est appuyée sur du vent; certainement pas sur l’or, ni même sur la production économique du pays ou des pays qui l’émettent, c.-à-d. les États-Unis d’Amérique et l’Europe. Elle est simplement déclarée «avoir cours légal» par décret [en quelque sorte un assignat, inconvertible, sans gage – NdT].

Aucun plan pyramidal à la Ponzi ne peut être maintenu indéfiniment, inévitablement il s’effondrera. Ce système a été inventé et utilisé par une petite couche supérieure invisible de l’élite qui en a tiré des bénéfices immenses au détriment des 99% d’entre nous. Puisque ces élitistes sont au contrôle des média avec leur propagande mensongère, ainsi que leur machine de mort belliqueuse – les forces armées étasuniennes, l’OTAN, et l’ensemble de l’appareil de sécurité et d’espionnage international, CIA, MI6, MOSSAD, DGSE, BND, etc. – elles nous rendent impuissants – mais seulement pour autant que nous ignorons ce qui se passe vraiment dans les coulisses.

Notre système monétaire occidental est basé sur la dette. Il possède toutes les caractéristiques d’un monstrueux poulpe global. Le système bancaire étasunien a été dérégulé au cours des années 90’ par le président Clinton. Les vassaux européens ont suivi le mouvement au début des années 2000. Environ 97% de tout l’argent en circulation dans le monde occidental est créé par des banques privées avec un clic de souris sous forme de prêts ou de dettes. Chaque prêt octroyé par une banque privée représente une dette dans ses livres; une dette qui rapporte des intérêts, la source principale des bénéfices des banquiers. Bénéfices ex nihilo ! Ils ne représentent aucun travail, aucune production, aucune valeur ajoutée réelle à l’économie.

Si, et quand, les banques, dans cet enchevêtrement de dettes, commencent à demander leurs passifs exigibles, elles peuvent déclencher une avalanche irrésistible – qui conduirait à une fin chaotique du système. Cette fin de course pourrait avoir juste commencé. Nous en avons vu une augmentation graduelle dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale, avec la farce de la course aux armements pendant la guerre froide, et un point culminant lors de la crise des crédits hypothécaires (subprimes) étasuniens de 2007-2009, conduisant à une crise économique globale artificielle interminable, qui pourrait bien venir à terme dans un grand fracas en 2016-2017.

Les dommages pourraient être impensables: le chaos, la pauvreté, la famine, la misère, la mort. Mais l’élite invisible au pouvoir tirerait son épingle du jeu, tout en restant en place pour recommencer à zéro – si nous les laissons faire. C’est toujours la même chose: un peuple mal informé peut être manœuvré à volonté et sera frappé d’épouvante devant des événements inattendus, comme des actes terroristes provoqués avec des bombes ou des faillites bancaires.

Soyons tout à fait clairs – nous serons tous mal-informés tant que nous écouterons et croirons les média de masse contrôlés par six géants médiatiques anglo-sionistes qui alimentent le public occidental avec 90% de ses informations, que l’on appelle des actualités et que nous consommons avec enthousiasme chaque jour; l’avalanche des mensonges qui se répètent dans chaque pays occidental, heure après heure – devient, ainsi, la vérité. Point final.

Nous devons sortir de nos fauteuils douillets, et écouter cette étincelle intime du fond de notre cœur, nous disant, à contrecourant des avalanches de mensonges, qu’il y a quelque chose qui sonne faux, que nous sommes gavés de duperie. Nous devons creuser pour la vérité. Elle est là – sur internet, les media alternatifs, tels que Global Research, Information Clearing House, VNN, Le Saker, NEO, Russia Today, Sputnik News, Press TV, TeleSur et beaucoup d’autres sources crédibles pour les chercheurs de vérité.

Revenons à l’effondrement imminent. Les règles de base pour le plan monétaire pyramidal ont été mises en place en 1913 par la création de la Fed. Une fois encore, la Fed est entièrement privée, Rothschild a dominé l’institution bancaire qui sert de banque centrale aux États-Unis. C’est la machine omnipotente pour la fabrication de dollars. Elle a été frauduleusement et secrètement conçue en 1910 sur l’île de Jekyll en Géorgie, comme c’est écrit dans l’histoire de l’île de Jekyll lors d’une «chasse au canard» qui «comprenait le sénateur Nelson Aldrich ; son secrétaire personnel Arthur Shelton ; le Dr A. Piatt Andrew, ancien professeur en économie à l’Université de Harvard ; Henry P. Davison, partenaire de J.P. Morgan & Co ; Frank A. Vanderlip, président de la National City Bank ; et Paul M. Warburg partenaire de Kuhn, Loeb, and Co. Dès le début, le groupe a procédé clandestinement. Ils ont commencé par éviter l’usage de leurs noms de famille et se rencontraient discrètement dans le wagon ferroviaire privé d’Aldrich dans le New Jersey.»

La concoction tramée par ces chasseurs de canard est devenue en 1913, grâce à une mystification, le système privé de la Federal Reserve Bank dominé par Rothschild, la banque centrale des États-Unis.

Après la signature de l’acte de promulgation de la Fed, le Président Woodrow Wilson a déclaré, «je suis l’homme le plus malheureux. J’ai inconsciemment ruiné mon pays. Une grande nation industrielle est commandée par son système de crédit. Notre système de crédit est concentré. La croissance de la nation et donc toutes nos activités, sont aux mains de quelques hommes. Nous sommes arrivés à être un des pays les plus mal gouvernés, un gouvernement des plus complétement contrôlés et dominés dans le monde civilisé, non plus un gouvernement de libre opinion, non plus un gouvernement par conviction et vote de la majorité, mais un gouvernement par l’opinion et la contrainte d’un petit groupe d’hommes dominants»

Le système sioniste-anglo-saxon possédait déjà une banque centrale au Royaume Uni qui remonte à 1694. Elle était alors déjà contrôlée par les Rothschild, comme l’était tout le système bancaire. Le baron Nathan Mayer Rothschild avait une fois avoué : «Il m’importe peu de savoir quelle est la marionnette placée sur le trône d’Angleterre pour gouverner l’empire où le soleil ne se couche pas. L’homme qui contrôle la masse monétaire britannique contrôle l’Empire britannique, et moi je contrôle la masse monétaire britannique.» La fortune de la famille Rothschild ne peut pas être valablement estimée, mais elle serait évaluée en milliers de milliards. Ce que le baron Nathan Mayer Rothschild avait dit y a 300 ans, reste encore valable à ce jour.

Il n’est pas étonnant que vouloir se dégager de ce plan monétaire bidon, soit la première priorité pour la plupart des pays qui aiment leur souveraineté, leur autonomie et leur liberté, bien qu’ils n’osent pas le dire si ouvertement de peur que l’empire ne se rue sur eux et les punisse avec toutes les véritables terreurs financières qu’ils veulent éviter. Et en se ruant contre les pays insoumis, l’empire, tel une bête mourante, essaye d’entraîner avec lui, dans la tombe qu’il s’est creusée, autant qu’il peut du monde vivant.

Est-ce donc une coïncidence ou plutôt une convergence délibérée de plusieurs événements, si l’empire, dans un effort ultime, commence d’abord par ravager puis piller autant qu’il le peut avant son effondrement ?

Le 10 avril, Zero Hedge rapporte «l’Autriche vient juste d’annoncer une décote de 54% contre les créanciers seniors dans le cadre du bail-in 2 en conformité avec les nouvelles règles européennes». La mauvaise banque autrichienne, la défaillante Hypo Alpe Adria, devenue Heta Asset Resolution AG après sa nationalisation, a découvert dans son bilan un trou de $8,5 milliards; suffisamment pour déclencher un nouveau bail-in selon la récente réglementation européenne. Est-ce une coïncidence si ce fut également en Autriche le 10 avril 1931, qu’une banque importante a fait faillite et déclenché la Grande dépression ? C’était une première en Europe. Soyez prêts pour d’autres à venir, parce que la surexposition des banques européennes est estimée au-delà de mille milliards de dollars.

Le 15 avril, le New York Times a signalé que cinq des huit plus grandes banques de Wall Street étaient en violation de la régulation bancaire étasunienne. La Fed et la Federal Deposit Insurance Corporation [Agence fédérale de garantie des dépôts bancaires], la FDIC, ont indiqué que les banques «J.P. Morgan, Chasse, Bank of America, Wells Fargo, State Street and Bank of New York, manquaient toutes de plans crédibles pour faire face à l’éventualité d’une faillite en cas de crise financière.» Ces banques ont jusqu’en octobre 2016 pour se conformer. Selon les nouvelles règles, un renflouement par les contribuables [bail-out] serait peu probable. Par conséquent, les bail-in pourraient affecter des millions de déposants et d’actionnaires ; leurs fonds seraient volés pour auto-secourir les banques trop grandes pour faire faillite. Après tout, leur non-conformité aux demandes du régulateur, ou leur insolvabilité, peuvent facilement être arrangées pour servir de fondement juridique au vol de l’épargne des gens ordinaires. Il n’y a pas à s’inquiéter, les banques trop grandes pour faire faillite ne disparaîtront pas, mais votre épargne oui.

Les «Panama Papers» divulgués par la CIA – pour ceux qui doutent toujours de la participation de la CIA à cette affaire voir ici – visent d’une manière tout à fait rudimentaire à diffamer les suspects habituels : les présidents Poutine et Assad, ainsi que l’Iran, le Venezuela, le Brésil naturellement – et d’autres. Étrangement aucune personnalité notable de l’UE ou des multinationales étasuniennes n’apparait sur la liste. Y aurait-il quelqu’un pour croire sérieusement que M. Poutine, ancien agent du KGB, serait assez simplet pour mettre sa fortune (s’il en avait une à cacher) au Panama, l’épitomé d’un état marionnette des États-Unis, où vous ne pouvez pas tirer la chasse sans que Washington le sache?

Quelques néoconservateurs symboliques apparaissent dans les listes, tels que le nouveau président de l’Argentine, nommé par Washington, Mauricio Macri, qui fonce comme un fou pour ruiner son pays. En moins de quatre mois il a fait reculer l’économie de l’Argentine de dix ans ; le taux de pauvreté qui en novembre 2015 était inférieur à 10%, est passé à 34% vers la fin de mars 2016. L’empire a besoin de lui pour graduellement transformer l’Argentine en chaos, toutefois pas trop rapidement, de peur qu’il ne soit renversé et remplacé par un adversaire des États-Unis – qui ne serait pas du tout apprécié à Washington. Pour les types comme Macri, se retrouver dans les Panama Papers est un avertissement pour qu’ils se conduisent comme il faut.

La publication des Panama Papers pourrait également être une incitation pour que les citoyens et grandes sociétés étasuniennes fassent rentrer à la maison leurs participations – se comptant en milliards de dollars non déclarés – empilées dans des paradis fiscaux outre-mer, vers des abris financiers étasuniens comme ceux du Delaware, du Wyoming, du Dakota du Sud et du Nevada, aidant de ce fait à graduellement renforcer un dollar en décomposition.

Simultanément, certains pays européens et le Japon ont introduit des taux d’intérêt négatifs afin d’augmenter la liquidité monétaire, espérant stimuler ainsi leurs économies toujours stagnantes. C’est le prétexte. En réalité, les intérêts négatifs ne sont que le précurseur d’un système financier complètement contrôlé par les banques. Normalement les bail-in et les intérêts négatifs devraient donner lieu à une ruée de déposants pour retirer leur argent des banques. Cela ne s’est pas encore produit.

En Suisse, un des premiers pays à introduire des intérêts négatifs, la Banque nationale suisse a signalé que la demande de billets de banque de 1.000 CHF – une des coupures les plus élevées au monde (apparemment maintenue en dépit de l’appel de Draghi, le président de la BCE, à éliminer les grosses coupures) – a augmenté de 17% (4,7 milliards de CHF – $4,85 milliards) en décembre 2014, le mois qui a suivi l’introduction d’intérêts négatifs. Est-ce l’indication que les Suisses ont tranquillement commencé à amasser de l’argent liquide en grosses coupures ?

Les amas de billets de banque et les ruées sur les dépôts bancaires seront empêchés par l’introduction d’une société sans argent en espèces, c.-à-d. toutes les transactions monétaires deviendront graduellement électroniques. Le processus a déjà commencé. En Suède et dans d’autres parties de l’Europe, ainsi qu’au Japon, les supermarchés et les magasins sans argent ont un grand succès, particulièrement parmi les jeunes consommateurs, qui jouent allègrement en payant avec leurs téléphones portables aux caisses des supermarchés devant un œil électronique.

Si seulement les jeunes innocents savaient que les banquiers oligarques veulent contrôler leur argent et les asservir avec un gadget amusant, ils pourraient décider de résister. Mais ceux qui contrôlent le système savent bien que les jeunes sont l’avenir. Nous, les vieux résistants, nous nous éteindrons avec le temps. Problème résolu. Mais nous ne sommes pas encore morts. Les temps changent… The times are A-changing..(Bob Dylan, 1964).

Le trio néfaste – bail-in, intérêts négatifs, et société sans argent liquide – rendra l’existence dans le premier monde industrialisé tout à fait insupportable, telle une danse stressante sur la pointe des pieds, avec l’épée proverbiale de Damoclès suspendue, de manière intimidante, au-dessus de nos têtes, par l’empereur.

Washington pourrait avoir un joker dans sa manche – en réintroduisant l’étalon or; le même étalon or que Nixon avait abandonné en 1971. Les États-Unis ont également accumulé au cours des 25 dernières années des quantités énormes d’or. Un nouvel étalon or du dollar, serait très probablement fixé avec un rapport qui éliminerait toute la dette étasunienne, y compris les futures obligations non-escomptées selon le GAO [General Accounting Office, l’équivalent de la Cour des comptes française – NdT] d’environ $125 milliards. Ils essaieraient de maintenir le monde occidental industrialisé dans l’orbite de Washington, mais pourraient perdre la plupart du monde en voie de développement et les ressources naturelles qu’il possède, et qui sont convoitées par l’Occident. Ces pays opprimés et colonisés depuis des siècles sont susceptibles de s’orienter vers la nouvelle alliance Chine-Russie – laissant l’Occident délocalisé et hors-jeu, sans main d’œuvre, avec une puissance militaire massive mais dépassée.

Pour contrer le développement de cette ultime imposture criminelle des tsars banquiers sionistes occidentaux, la Chine et la Russie ont préparé ces dernières années un système financier indépendant, décroché du dollar US et incorporant maintenant les BRICS, les nations de l’OSC, aussi bien que l’Union économique eurasienne. Cette association de pays et d’économies comprend environ la moitié de la population mondiale et au moins un tiers de la production économique du globe ; un fait qui, pour des raisons évidentes, est totalement ignoré par les média de masse. Le machiavélique bateau en perdition ne veut pas que ses passagers sautent pour se sauver.

L’annonce faite par la Chine le 19 avril 2016, que ses yuans soutenus par l’or, n’étaient plus convertibles en dollars, pourrait bien déclencher un ajustement économique vers le camp oriental. Beaucoup de pays sont attentifs et fatigués de l’exploitation occidentale, de l’asservissement, des menaces de sanctions, de l’oppression et du danger toujours présent d’invasion par sa machine à massacrer. Pour une économie du tiers monde, le décrochage du dollar peut en effet ouvrir de nouveaux horizons, créant de nouvelles alliances, de nouveaux espoirs pour un monde plus égal et plus juste.

Peter Koenig 

Peter Koenig est un économiste et un analyste géopolitique. Il est également un ancien membre du personnel de la Banque mondiale et a travaillé intensivement dans les domaines de l’environnement et des ressources en eau. Il écrit régulièrement pour Global Research, ICH, RT, Sputnik, PressTV, Counterunch, TeleSur, le blog du Saker, et d’autres sites internet. Il est l’auteur d’une fiction basée sur des faits, The Implosion – un thriller économique au sujet de la guerre, de la destruction environnementale et de la cupidité des grandes entreprises, basée sur des faits et sur 30 ans d’expérience de la Banque mondiale partout dans le monde. Il est également un des co-auteurs de The World Order and Revolution! – Essays from the Resistance [L’Ordre mondial et la révolution! – Essais de la résistance].

Traduit par Alex Moumbaris, relu par Marie-José Moumbaris pour le Saker Francophone.

Notes

 1 / La monnaie fiduciaire est la monnaie comprenant les pièces et les billets de banque qui se caractérise par le fait que sa valeur est déterminée par la confiance que lui accorde ses utilisateurs plutôt que par son coût de production, source droit-finance

 2 / Le bail-in est une pratique financière qui impose à certains créanciers d’une banque en difficulté (y compris parfois de simples clients épargnants) une diminution du montant des créances qu’ils possèdent sur l’établissement de crédit ou une conversion de celles-ci en actions de capital. Le bail-in permet ainsi aux banques de se recapitaliser en cas de crise. On distingue le bail-in du bail-out, qui désigne le renflouement d’une banque par un État (comme lors de la crise de 2008) – source droit-finance