lundi 27 juin 2016

Branle bas de combat pour l'amiral

Quand la grande muette commence à grogner (6)

Devant la déliquescence servile du Pouvoir en France, l'abandon des principes de Défense Nationale et la désintégration progressive des Forces Armées  et des forces de sécutité intérieures françaises, un nombre crisant d'officiers généraux et supérieurs qu'ils soient de la Gendarmerie, de la Police,ou de l'Armée, alertent les élus et l'opinion publique des menaces que fait peser à la Nation la conduite d'une telle politique laxiste et servile.

Pour lire les articles précédents sur ces différents "grognards" en uniforme, le lien ici : Grogne des généraux

Erwan Castel

Source le lien ici : RT France

Pour l’amiral Debray, 
si des accords stratégiques sont possibles, 
l’OTAN est une force d’occupation
27 juin 2016, 19:35


Le Brexit, s’il est respecté, pourrait aussi bouleverser l’UE en termes militaires, explique l’amiral Debray à RT France, confiant sa vision de la sécurité en Europe, l’hégémonie américaine et l’impératif, pour un pays, d’être maître de sa défense.

Pour l'amiral Debray, le Brexit aura bien évidemment des conséquences militaires, même si le Royaume-uni est dans l'OTAN et que tous les tenants de l'UE font semblant de ne pas savoir que leur défense dépend de cette dernière.

Face au Brexit, selon lui, «il faudra revoir la façon dont les membres de l'Union européenne considèrent leur Défense». Si l'on en croit sa vision, une telle remise en question est plus que nécessaire. 


Le choix britannique sera-t-il respecté ?

Néanmoins, établissant un parallèle entre le référendum sur le Brexit et celui sur la constitution européenne de 2005 lors duquel la France et les Pays-Bas avaient voté contre mais avaient été ignorés par l'Union européenne, l'amiral se veut réaliste :

«Le choix des Français et des Néerlandais a été complètement contourné par la suite et aujourd'hui, il n'en reste absolument rien. Le traité de Lisbonne a obligé la France à admettre tout ce que le peuple français avait refusé.

On peut alors imaginer que le vote [du jeudi 23 juin] n'aura pas de grandes conséquences. Je souhaite que les Britanniques ne soient pas floués par leurs dirigeants, comme les Français l'ont été par les leurs.»


L'ombre américaine

Dans une vision très gaullienne, l'amiral lie intimement la question de la relation du Royaume-Uni à l'UE à celle de son appartenance à l'OTAN : 

«Depuis les origines de la construction européenne, les Etats-Unis ont tout fait pour faire [de l'Europe] un fournisseur de supplétifs, pour que les Etats-Unis fassent la politique de Défense et que les pays européens fournissent les contingents de tirailleurs qui iraient à la boucherie s'il le faut.» 

Se laisser occuper par des forces armées étrangères 
en temps de paix n'est pas excusable

Le Brexit serait donc une épine dans le pied des Etats-Unis, qui cherchent à l'heure actuelle à renforcer l'OTAN en Europe, dans un processus que l'amiral voit affecter la France :  

«C'est tout à fait possible que la France accueille bientôt de nouveau des bases de l'OTAN sur son territoire. C'est possible depuis que notre président a commencé à engager des conversations avec l'OTAN pour qu'on revienne sur ce qui avait été fait du temps du Général de Gaulle en 1966, lorsque la France a fait sortir de son territoire tous les contingents étrangers qui n'avaient rien à y faire.



Avoir des accords avec des Etats étrangers est absolument concevable, mais se laisser occuper par des forces armées étrangères en temps de paix n'est pas excusable. C'est un travail qui a été commencé avec Jacques Chirac, qui a été poursuivi sous Nicolas Sarkozy et qui est en train d'être achevé par François Hollande. Une nouvelle fois, les élites se moquent de l'intérêt supérieur de la patrie et du vote de leurs citoyens.

Le peuple, on ne lui demande pas son avis. On ne lui a demandé son avis ni lorsque le service national a été supprimé, ni lorsqu'il a refusé la constitution européenne. Il n'y a rien de nouveau. Dès la création de la Communauté européenne de Défense (CED), qui est un projet des européens d'alors et des Américains de toujours, le projet était de réarmer l'Allemagne et d'utiliser les nations composées de pays membres de l'UE pour les mettre au service d'une politique de défense étrangère, celle de l'impérium américain.» 


France de 2016, France de 1946 : même combat ?

L'amiral Debray a pu appeler à la constitution d'un nouveau CNR, ou Comité National de la Résistance, organe qui coordonnait la résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale. Car, selon lui :

«Aujourd'hui la France n'est plus menacée par les divisions blindées de Hitler, mais par la volonté d'hégémonie des Etats-Unis.

Lorsque vous voyez que l'Union européenne - qui était une union économique, et qui est aujourd'hui une union sans adjectif qualificatif - condamne la France parce qu'il n'y pas de syndicat dans l'armée française... Qui commande quoi, en France ?

Un pays doit avoir la volonté de se doter de ses propres moyens de défense, voilà ma conviction.» 

Alors que le Premier ministre Manuel Valls a déclaré l'état d'urgence, que le plan vigipirate est à son niveau maximum et que la présence de soldats se fait plus que jamais sentir, les propos de l'amiral pourraient surprendre. Il est pourtant catégorique. 

«Il n'y a pas de militarisation en France depuis qu'on a supprimé le service national. Cela ne me concerne plus mais je le regrette profondément.

Le service national est pour moi un service que le France rendait à ses enfants. [...] La république manque aujourd'hui de moyens militaires.» 


Garder le contrôle de la capacité nucléaire, impératif de l'armée française

Mais, au-delà du service militaire, il y a, pour lui, un autre élément primordial à préserver afin que l'Etat protège la souveraineté nationale : le feu nucléaire. 

«L'armée française se porte très mal en grande partie depuis qu'on a supprimé le service national et du fait des diminutions des ressources qu'elle subit. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni, il faut le dire, ont une obsession de contourner la volonté française de disposer de sa propre dissuasion nucléaire. C'est pour eux un objesctif perpétuel : empêcher la France de se remettre au niveau où elle était parvenue à se mettre avec sa force de dissuasion nucléaire.

La France doit pouvoir disposer de ses propres forces armées 
comme elle le souhaite et refuser de se faire inféoder 
par quelque organisme supranational que ce soit

Il ne faut pas rêver à la disparition des forces de dissuasion nucléaire. Ni les Russes, ni les Américains, ni Israël, ni l'Inde ou le Pakistan ne se sépareront de leurs armes nucléaires. L'intérêt de [cette] arme est justement de ne pas être employée. Elle agit par la menace de son emploi, en arme justement dissuasive.

Il faut donc qu'elle existe, qu'elle soit en bon état et que nous la maîtrisions complètement. La force nucléaire française existe toujours et elle est en bon état [...] La défense doit être nationale et une défense nationale ne se traduit pas par une armée commune avec d'autres pays. La France doit son statut de membre permanent au conseil de sécurité de l'ONU à sa capacité nucléaire. Il faut que nos dirigeants en soient conscients.»


Les conflits par nations interposées

Garder le contrôle est d'autant plus essentiel, pour lui, que le monde de la guerre évolue et que la France semble se faire entraîner vers des terrains bien éloignés de ses propres intérêts.

Qu'il s'agisse de privatisation...

«Le monde évolue, demain il ne sera plus celui qu'il était hier. Les conflits qui se présentent ne ressemblent pas à ceux que nous commémorons cent ans après Verdun, mais certaines caractéristiques me gênent énormément.

Les sociétés militaires privées ? C'est un oxymore. Un état ne doit pas s'adresser à des gens qui veulent gagner de l'argent en vendant de la sécurité. Le rôle de l'Etat c'est de défendre son peuple et on défend son peuple avec une armée qui dépend de l'Etat et non pas avec des sociétés privées. [...] En France on sous-traite, privatise et externalise dans tous les domaines. Les militaires vont bientôt être formés par des civils.»

... de concurrence d'autres Etats...

«Le Japon est en train de manœuvrer pour avoir une armée alors qu'ils ne sont pas censés en avoir. L'Allemagne, sans rien dire commence à agir à l'extérieur de ses frontières, alors qu'il est écrit noir sur blanc qu'elle ne doit pas le faire.»

... ou de problématique stratégique, la France étant amenée à faire le travail pour d'autres nations :

«On agit par Etats interposés [...] La France est allée bombarder la Libye avec une énorme violence sur ordre des américains - et au mépris d'ailleurs des décisions prises au conseil de sécurité. L'armée française a fort bien rempli sa mission et l'a remplie pratiquement sans pertes, ce qui est totalement à son honneur. Mais on peut se demander quel intérêt avait la république française à entreprendre cette action. Pour le compte de qui avons nous agi ?

La France est allée bombarder la Libye avec une énorme violence 
sur ordre des américains 
et au mépris des décisions prises au conseil de sécurité

Contrairement à la Libye, dans le cœur de l'Afrique, la France a des raisons d’intervenir pour le bien des populations avec lesquelles nous avons des accords depuis de nombreuses années, au Mali, en Centrafrique, au Congo-Brazzaville [République du Congo]... 

C'est là que les populations ont besoin de notre appui. Nous ne pouvons refuser de leur apporter notre soutien militaire sous prétexte que les Etats-Unis dans des guerres qui ne nous concernent pas. C'est une question de souveraineté nationale et celle-ci ne passe que par une armée qui obéit uniquement à la volonté des responsables nationaux.»

Michel Debray

Michel Debray a commandé les porte-avions Foch et Clemenceau. Il a présidé la Fondation Charles-de-Gaulle de 1998 à 1999. En 1997, il a participé à la fondation de l'Alliance pour la souveraineté de la France. Il a ensuite été membre du haut conseil du Forum pour la France de Pierre Marie Gallois.

Lire aussi :



La mémoire est l'avenir

"Celui qui ne connait pas l'Histoire est condamné à la revivre"


Karl Marx - 1847 

Martin Niemöller qui était un pasteur a volontairement cité 3 exemples différents de victimes du nazisme pour justement éviter une cristallisation politique sur l'une ou l'autre étiquette, ce que certains commentaires font sur les réseaux où j'ai partagé ce montage. Il s'agit pour l'auteur de dénoncer à partir de son vécu (interné en camp de concentration) la haine, l'innocence et l'indifférence... 

N'allez pas chercher un prosélytisme idéologique là ou il n'est question que de solidarité compassionnelle !

Erwan Castel




Les principes de la propagande de guerre


C'était à prévoir ! la ploutocratie mondialiste enrage des résultats du référendum britannique et s'est lancé dans une véritable croisade anti-Brexit qui mobilise tout l'arsenal de la propagande de guerre habituellement destinée aux ingérences politico-militaires organisées dans les pays "non alignés"...

Car il ne faut pas se leurrer, la contre-attaque du Nouvel Ordre Mondial qui a débuté pour défaire la volonté du peuple britannique et maintenir le Royaume Uni dans le carcan étasunien de l'Union Européenne, est une adaptation intra-européenne à cette propagande de guerre dont vous trouverez plus bas la description argumentée qu'en fait Michel Collon. 

Les mêmes principes et les mêmes acteurs sont appelés au secours de Wall Street et de la City, comme ce BHL qui est tellement possédé par l'idéologie de la Pensée Unique qu'il prétendrait, le nez dedans que sa merde sent bon !

Je compte revenir plus précisément dans un prochain article sur cette campagne anti-Brexit qui insulte une fois encore les peuples dont les décisions collectives ne vont pas dans le sens défini par cette oligarchie financière qui ne représente qu'à peine 1% de la population mondiale. 

En préambule je pense intéressant de rappeler ici les principes et les mécanismes de cette propagande de guerre qui commence toujours par des mensonges politiques qui relayés par une manipulation médiatique se termine toujours par des violences, militaires ou policières pour écraser la volonté des peuples à disposer d'eux mêmes...

Car de la Syrie à Londres, en passant par l'Ukraine et la Macédoine, c'est la même stratégie qui est en oeuvre pour imposer aux peuples, de gré ou de force la camisole d'une pensée unique esclavagiste et belliciste !

Erwan Castel

La propagande de guerre sur le sol européen : 
qui se cache derrière ?



Michel Collon est certainement l'analyste indépendant qui a le plus décortiqué les guerres modernes déclenchées par ce Nouvel Ordre Mondial autoproclamé et ses stratégies de Propagande de Guerre cherchant à légitimer jusqu'à leur légalisation les massacres commis au nom des "Droits de l'Homme" et de la "Démocratie".


Publié initialement sur le blog "Tradition" le 25 juin 2013



Nous sommes en dictature !



Nous vivons une époque étrange, aux rôles et valeurs inversées où les victimes passent pour des bourreaux et les voleurs pour des sauveurs...
La liste est longue, tant sur le plan national qu'international, ne serait-ce que récemment, de l'Irak et ses armes de destruction massives, aux homophobes de la manif pour tous, les mensonges du pouvoir global tente de cacher la tyrannie de sa pensée unique.

Des analystes observent et décortiquent les rouages du système, tel Alain de Benoist, Bernard Lugan, Michel Collon, Jean Claude Michéa ou Alain Soral, ils nous aident à faire tomber les masque de la dictature et surtout a préserver notre liberté de penser et notre sens critique de l'idéologie dominante...

" La dictature, c'est "ferme ta gueule". La démocratie, c'est "Cause toujours" " Coluche

Car ne nous y trompons pas, nous sommes en dictature !

Certes, cette dictature n'est pas de celles du passé, qui hérissaient des barbelés et semaient des charniers du Laos en Allemagne, de la Russie au Rwanda... 
Et pourtant... Ronsard disait, évoquant les métamorphoses de la vie "tout ce qui fut se refait"
Si les méthodes ont changé, les objectifs restent les mêmes: asservir le peuple en lui faisant croire que c'est pour son bien. 
Ainsi, la société de consommation organisée a remplacé la schlague et le knout, faisant passer les tyrans pour des bienfaiteurs généreux... "Panem et Circenses" comme disait déjà le poète Juvenal : donnez leur du pain et des jeux et le peuple sera content, il suivra aveuglément les lois des seigneurs dieux...

Depuis le début de l'ère moderne, nous avons glissé vers un monde bipolaire, manichéen, tant sur le plan politique que géopolitique : le monde est présenté comme un gigantesque western hollywoodien, avec les bons d'un côté et les méchants de l'autre ! 
Et l'évangélisation mondialiste, elle aussi s'est métamorphosée, le crucifix est remplacé par les "droits de l'Homme".

Dans cette manipulation des masses que nous subissons, la communication est plus importante que le discours (surtout quand le politique n'est plus capable d'en avoir !). 

La recette de la dictature moderne, pour imposer sa pensée au peuple hypnotisé devant ses écrans est simple et efficace, elle s'appuie sur les 5 principes fondamentaux interactifs décrits par Michel Collon auxquels je me permets de rajouter la "légalisation de la pensée unique" et qui permettent au Pouvoir d'aliéner l'Homme :

Michel Collon
1 / DIABOLISER L'ENNEMI

Le diable a été pendant des siècles, le meilleur rabatteur commercial du clergé romain engageant déjà le domaine spirituel vers un définition bipolaire. La tentation de diaboliser l'ennemi existe depuis longtemps mais atteint son paroxysme depuis le procès de Nuremberg. Depuis nous élevons des bûchers pour les Saddam Hussein, Ben Laden, Assad, et Poutine qui menacent le monde libre. Et à l'intérieur de nos saintes démocraties, la critique ne peut donc être que suspecte et doit être taxée par exemple d'antisémitisme ou d'homophobie ... c'est la "Reductio ad Hitlerum" ! 


2 / VICTIMISER L'AMI

Après avoir agit sur la peur, il faut agir sur la compassion naturelle, que 2000 ans de christianisme ont su dompter au profit des puissants. Il s'agit alors de "sauver le monde" de la famine, des tortures, des maltraitances et autres crimes dont souffrent les populations où nous intervenons; apportant à force blocus ou bombardement la panacée "droitdel'hommiste" universelle. Les libyens, égyptiens, irakiens, afghans ou syriens ont certainement du mal a partager notre conception de la "libération" !


3/ CACHER LES INTÉRÊTS

L'altruisme est loin d'être une qualité caractérisant notre monde moderne qui soutient aujourd'hui des régimes totalitaires ou en défait d'autres au gré de ses intérêts et de ses alliances économiques. Jamais dans les médias officiels ne sont évoqués l'uranium du Mali, ou le gaz de la Syrie, et pourtant, ce sont bien ces enjeux majeurs qui nous poussent aujourd'hui à jouer là bas aux apprentis sorciers, et à soutenir en même temps les dictatures saoudiennes ou qatari... 


4/ MANIPULER L'HISTOIRE

La connaissance de l'histoire des Hommes et des Idées permet d'échapper aux propagandes idéologiques des politiciens cupides. En effet l'histoire est la fondation de toute libre pensée, dévoile souvent le dessous des cartes et éclaire les événements à l'aune des idées et des mentalités.  C'est pourquoi les Etats ont cherché depuis longtemps à l'écrire, la contrôler et la travestir pour être glorifiés mais aussi mieux agir dans l'ombre. 
Cela nous conduits aux politiques mémorielles, dogmatiques et aveuglantes, qui nous font oublier les massacres perpétrés aussi  par les victimes désignées dans le passé, mais surtout  tolèrent, voire légitiment leurs crimes actuels:  par exemple la "Shoah" et la politique israélienne actuelle ou les répressions pendant la guerre d'Algérie et les massacres du FLN.
L'histoire présentée dans les médias ou les programmes scolaires n'est qu'une historiographie sélective, servant à coup de mensonges et d'omissions volontaires, l'idéologie au pouvoir et ses intérêts.


5/ CONTRÔLER LES MÉDIAS

Après avoir mis la main sur le système éducatif, via les formations des enseignants et les programmes scolaires, l'Etat contrôle le système médiatique, concentré dans quelques mains serviles et attachées aux intérêts mondialistes. Les rares médias dites d'opposition sont souvent tolérées soit dans une expression partisane extrémiste donc impartiale, ou pamphlétaire humoristique et divertissante donc peu sérieuse. Les journalistes qui défendent le principe de la liberté d'expression pour tous, ou qui essayent de stimuler la réflexion intellectuelle dans des débats d'idées, sont mis au ban de l'information contrôlée et se réfugient souvent sur la toile virtuelle, dernier espace de liberté et d'échanges.


6/ LÉGALISER LA PENSÉE UNIQUE

Le temps des parapluies empoisonnés du KGB ou de la caravane de la mort chilienne est terminé, dans les actes seulement, car aujourd'hui on légalise la tyrannie de  la pensée unique, par le biais de lois dogmatiques qui non seulement figent l'idée mais surtout empêchent sa contradiction.  
Il suffit après, de contrôler politiquement ou professionnellement les magistrats qui sont aux ordres du pouvoir plus que de la justice. Alors le système est verrouillé et protégé par son ministère, devenu celui de l'injustice, qui condamne avec sévérité ou indulgence les coupables, non pas pour ce qu'ils font mais pour ce qu'il sont (principe fondateur des génocides) , comme par exemple ses "jeunes" casseurs des banlieues coupables d'agressions physiques et de destructions volontaires mais relâchés sans condamnation, tandis que Nicolas, opposant politique est emprisonné pour "rébellion" après avoir pacifiquement manifesté contre le mariage pour tous...



Conclusion

La dictature que nous vivons est une des plus terribles, car elle se cache derrière des principes doucereux et hypocrites qui, s'ils ne détruisent pas brutalement les corps, attaquent insidieusement les esprits . 
Mais à mon avis, le plus grave, c'est que cette dictature est internationale, et au service d'un système économiste esclavagiste qui, pour le réduire à l'état de consommateur servile, déshumanise l'Homme en détruisant ses identités civilisationnelles fondatrices.

Cette stratégie orwellienne est lâche car elle s'appuie sur un simulacre de démocratie, limitée au seul suffrage universel qui n'est plus qu'un cirque politico-médiatique où les idées sont exclues des batailles de polochons et des déballages de poubelles. Du coup, le citoyen vote contre un comportement individuel privé plutôt que pour le porteur d'un projet sociétal public. Exit les idées et les débats constructifs, on procède à l'élection du "moins pire", à qui on signe un blanc seing jusqu'au prochain étripage. Exit les référendums on procède à des "sondages d'opinions" contrôlables dans leurs méthodes, leurs public et leurs résultats...

Entre dictature et démocratie, c'est le temps de la "démocrature"

Il nous faut libérer d'urgence de l'emprise du politique, l'Histoire des peuples et des idées afin que revienne la vraie liberté de penser et de débattre qui protègent les nations de l'anéantissement.

Une Britannique, Evelyn Beatrice Hall, dans un ouvrage consacré à Voltaire en 1906, lui prête cette phrase, mais qui correspond tellement bien à la pensée de ce grand philosophe de France : 

"Je désapprouve ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire". 

Il est fort à parier que Monsieur Arouet, s'il revenait en France écoperai de la part des bouffons qui se réclament de sa pensée,  plus de censure et de prison que ce qu'il a subi "aux heures les plus sombres de notre histoire".

Mais peut-être n'en sommes jamais sorti et que la vraie Révolution reste à faire ...


Erwan Castel, à Cayenne le 25 juin 2013


Le site INCONTOURNABLE de Michel Collon : Investig'action



La main tendue de Vladimir


Source, le lien ici : Le Saker francophone

«...Si nous continuons à agir selon cette logique, celle de l’escalade des tensions, et à redoubler d'efforts pour s’effrayer les uns les autres, alors un jour adviendra une guerre froide. Notre logique est totalement différente. Elle est axée sur la coopération et la recherche de compromis…

L'Amérique est une grande puissance, peut-être aujourd'hui la seule superpuissance. Nous acceptons cela. Nous voulons travailler avec les États-Unis et nous y sommes prêts.» – 

Vladimir Poutine.

Le 20 juin 2016 – East west accord.

Le journaliste de CNN, Fareed Zakaria :

– Président Poutine, permettez-moi de vous poser une question très simple. Depuis 2014, vous subissez les sanctions de l’Union européenne et des États-Unis contre la Russie. L’OTAN a annoncé cette semaine qu’elle allait installer des forces armées dans les États qui bordent la Russie. La Russie procède à son propre renforcement militaire. Nous installons-nous dans guerre froide de faible intensité entre l’Occident et la Russie ?

Vladimir Poutine : – Je ne veux pas croire que nous nous dirigions vers une autre guerre froide, et je suis sûr que personne ne le veut. De notre côté, certainement pas. Il n’y en a pas besoin. La logique maîtresse du développement des relations internationales veut que, aussi dramatiques qu’elles puissent paraître, ce ne soit pas une logique de confrontation mondiale. Mais quelle est la racine du problème ?


Je vais vous le dire. Mais nous allons d’abord devoir remonter le temps. Après l’effondrement de l’Union soviétique, nous espérions la prospérité générale et la confiance internationale. Malheureusement, la Russie a dû faire face à de nombreux défis qui sont, en termes modernes, la politique économique, sociale et intérieure. Nous sommes contre le séparatisme, le radicalisme, l’agression par le terrorisme international, parce que, sans aucun doute, nous nous battions contre des militants d’al-Qaïda dans le Caucase, c’est un fait évident, et il ne peut y avoir aucun doute à ce sujet. Mais au lieu d’avoir l’appui de nos partenaires dans notre lutte contre ces problèmes, nous sommes malheureusement tombés sur quelque chose de totalement différent : le soutien aux séparatistes. On nous a dit  : «Nous n’avons pas de relations avec vos séparatistes au plus haut niveau politique, seulement au niveau technologique.»

Très bien, nous apprécions cela. Mais nous avons vu aussi un soutien au niveau du renseignement, un soutien financier et un soutien administratif.

Plus tard, après avoir réglé ces problèmes, nous avons traversé de graves difficultés, nous avons affronté autre chose. L’Union soviétique a disparu ; le Pacte de Varsovie a cessé d’exister. Pourtant, pour une raison quelconque, l’OTAN a continué à étendre son infrastructure vers les frontières de la Russie. Cela a commencé bien avant hier. Le Monténégro est devenu membre [de l’OTAN]. Mais qui menaçait le Monténégro ? Vous voyez, notre point de vue est totalement ignoré.

Un autre problème, tout aussi important, peut-être même le problème le plus important, est le retrait unilatéral [de la part des États-Unis] du traité ABM. Le traité ABM a été établi entre l’Union soviétique et les États-Unis pour une bonne raison. Deux régions ont été autorisées à rester en place – Moscou et le site des silos ICBM américains.

Ce traité a été conçu pour établir un équilibre stratégique dans le monde. Cependant, ils ont quitté unilatéralement le traité, en disant d’une manière amicale : «Ce n’est pas dirigé contre vous. Vous souhaitez développer des armes offensives, et nous nous assurons qu’elles ne nous visent pas.»

Vous savez pourquoi ils ont dit cela ? C’est simple : personne ne s’attendait à ce que la Russie du début des années 2000, quand elle était occupée avec ses problèmes intérieurs, déchirée par des conflits internes, des problèmes politiques et économiques, torturée par des terroristes, puisse restaurer son secteur de la défense. De toute évidence, personne ne soupçonnait que nous étions en mesure de maintenir nos arsenaux, et encore moins de produire de nouvelles armes stratégiques. Ils pensaient qu’ils allaient renforcer leurs forces de défense antimissile de manière unilatérale, tandis que nos arsenaux diminueraient.

Tout cela a été fait sous le prétexte de la lutte contre la menace nucléaire iranienne. Qu’est devenue la menace nucléaire iranienne maintenant ? Il n’y en a pas, mais le projet se poursuit quand même. C’est ainsi que cela se déroule, étape par étape, l’une après l’autre, et ainsi de suite.

Ensuite, ils ont commencé à soutenir toutes sortes de révolutions de couleur, y compris le soi-disant Printemps arabe. Ils l’ont ardemment appuyé. Combien de choses positives avons nous entendues sur ce qui se passait là bas ? Où cela nous a-t-il-menés ? Au chaos.

Je ne cherche pas à jeter le blâme maintenant. Je veux simplement dire que si cette politique d’actions unilatérales continue et si des mesures sur la scène internationale, qui sont très sensibles à la communauté internationale, ne sont pas coordonnées, alors de telles conséquences sont inévitables. Au contraire, si nous nous écoutons les uns les autres et cherchons l’équilibre des intérêts de chacun, cela ne se produira pas. Oui, c’est un processus difficile, le processus de parvenir à un accord, mais c’est la seule voie vers des solutions acceptables.

Je crois que si nous veillons à une telle coopération, il n’y aura pas de raisons de parler de guerre froide. En plus, depuis le Printemps arabe, ils se sont encore approchés de nos frontières. Pourquoi ont-ils soutenu le coup d’État en Ukraine ? J’en ai souvent parlé. La situation politique interne de ce pays est compliquée et l’opposition, qui est au pouvoir maintenant, y aurait très probablement accédé démocratiquement, par des élections. Tout simplement. Nous aurions travaillé avec eux, comme nous avons travaillé avec le gouvernement qui était au pouvoir avant le président Ianoukovitch.

Mais non, il a fallu qu’ils fassent un coup d’État, avec les pertes que cela entraîne, l’effusion de sang, une guerre civile, et l’effroi de la population russophone du sud-est et de la Crimée. Tout cela, pour quoi faire ? Et après, nous avons dû tout simplement prendre des mesures pour protéger certains groupes sociaux. Mais ils ont commencé à aggraver la situation, la tension a monté. À mon avis, c’est fait, entre autres, pour justifier l’existence du bloc de l’Atlantique Nord. Ils ont besoin d’un adversaire extérieur, un ennemi extérieur, sinon pourquoi cette organisation serait elle nécessaire ? Il n’y a plus de Pacte de Varsovie, plus d’Union soviétique, alors, contre qui est-elle dirigée ?

Si nous continuons à agir selon cette logique, celle de l’escalade [des tensions], et à redoubler d’efforts pour nous effrayer les uns les autres, alors un jour adviendra une guerre froide. Notre logique est totalement différente. Elle est axée sur la coopération et la recherche de compromis. (Applaudissements.)


– Alors laissez-moi vous demander, Monsieur le Président, quel est le moyen d’en sortir ? Parce que j’ai lu l’interview que vous avez donnée à Die Welt, le journal allemand, dans laquelle vous avez déclaré que le principal problème est que les Accords de Minsk n’ont pas été mis en œuvre par le gouvernement en Ukraine, par Kiev, les réformes constitutionnelles. De l’autre côté, ils disent que dans l’Est de l’Ukraine, la violence n’a pas baissé, que les séparatistes ne se restreignent pas non plus, et qu’ils pensent que la Russie devrait les aider. Donc, puisqu’aucune des deux parties ne semble vouloir reculer, est-ce que les sanctions devront tout simplement continuer, est-ce que cette guerre froide de faible intensité devra aussi continuer ? Quel est le moyen d’en sortir ?

– Et tout cela concerne des gens, peu importe comment vous les appelez. Cela concerne des gens qui essaient de protéger leurs droits et intérêts légaux, qui craignent la répression si ces intérêts ne sont pas respectés au niveau politique.

Si nous examinons les accords de Minsk, il n’y a que quelques clauses, et nous avons tous discuté de ces clauses toute la nuit. Quelle était la pomme de discorde ? Quelle clause est d’une importance primordiale ? Nous avons convenu, en fin de compte, que les solutions politiques qui assurent la sécurité des personnes vivant dans Donbass étaient la priorité.

Quelles sont ces solutions politiques ? Elles sont définies en détail dans les accords. Des amendements constitutionnels devaient être adoptés d’ici la fin de 2015. Mais où sont-ils ? On ne les voit nulle part. La loi sur le statut spécial pour ces territoires, que nous appelons républiques non reconnues, aurait dû être mise en pratique. La loi a été adoptée par le parlement du pays, mais n’est pas encore entrée en vigueur. Il aurait fallu une loi d’amnistie. Elle a été adopté par le parlement ukrainien, mais n’a jamais été signée par le président, elle n’est donc pas appliquée.

De quel genre d’élections parlons-nous ? Quel genre de processus électoral peut être organisé lors d’une opération anti-terroriste ? Quel pays fait cela ? Nous n’en parlerons pas ici, mais quel pays organise une campagne électorale alors qu’une opération anti-terroriste se déroule sur son territoire ?

Elles [les élections] doivent être annulées et notre travail doit se concentrer sur la restauration économique et humanitaire. Rien n’est fait, rien du tout. La violence sur les lignes de front n’est qu’une excuse pour que ces problèmes continuent. Ce qui se passe en réalité, est que les deux parties s’accusent mutuellement d’ouvrir le feu. Pourquoi pensez-vous que ce soient les séparatistes qui tirent en premier ? Si vous leur demandez, ils disent  : «Ce sont les forces du gouvernement ukrainien, l’armée ukrainienne qui a commencé.»

Un côté ouvre le feu, l’autre côté répond – c’est ce que signifie un échange de tirs. Pensez-vous que cela doit être une raison suffisante pour retarder les réformes politiques ? Au contraire, les réformes politiques qui constitueront le fondement d’un règlement final sur la sécurité sont la priorité urgente.

Certaines choses doivent être faites en parallèle. Je suis d’accord avec M. Porochenko sur le fait que la mission de l’OSCE doit être renforcée au point d’autoriser des observateurs de l’OSCE à porter des armes. D’autres choses peuvent être faites pour améliorer la sécurité. Mais nous ne pouvons pas nous permettre de continuer à ne pas implémenter des décisions politiques clé, en invoquant le manque de sécurité dans la région. Voilà. (Applaudissements.)


– Il y a tellement de domaines à couvrir avec vous, Monsieur le Président, alors laissez-moi aller au Moyen-Orient, où la Russie a procédé à une intervention musclée pour soutenir le régime Assad. Le président Assad dit maintenant que son but est de reprendre chaque mètre carré de son territoire. Croyez-vous que la solution en Syrie, est que le régime Assad reprenne et gouverne chaque mètre carré en Syrie ?

– Je pense que le problème de la Syrie, bien sûr, concerne surtout la lutte anti-terroriste, mais il n’y a pas que cela. Il va sans dire que le conflit syrien est enraciné dans des contradictions au sein de la société syrienne, et le président Bachar al-Assad le comprend très bien. La tâche n’est pas seulement d’étendre le contrôle sur différents territoires, même si c’est très important. La tâche est d’assurer la confiance de la société tout entière et la confiance entre les différentes parties de cette société, et d’établir sur cette base un gouvernement moderne et efficace, qui sera approuvé par l’ensemble de la population du pays. Et les négociations politiques sont la seule voie à cet égard. Nous l’avons souligné plus d’une fois. Le président al-Assad a également parlé à ce sujet – il est d’accord avec ce processus.

Qu’est-ce qui doit être fait aujourd’hui ? Il est nécessaire de supporter plus activement le processus de formation de la nouvelle constitution et de mener, sur cette base, les futures élections, à la fois présidentielle et parlementaire. Lorsque le président al-Assad était à Moscou, nous en avons parlé avec lui et il est entièrement d’accord avec cela. En outre, il est extrêmement important de procéder à des élections sous contrôle international strict, avec la participation de l’Organisation des Nations Unies. Hier, nous avons discuté de cette question en détail avec M. de Mistura et le Secrétaire général de l’ONU. Ils sont tous d’accord avec cela, mais nous avons besoin d’action. Nous espérons vivement que nos partenaires, principalement les États-Unis, vont travailler avec leurs alliés qui soutiennent l’opposition et les encourager à une coopération constructive avec les autorités syriennes.

Qu’entendons-nous par là ? En général, quand je demande à mes collègues : «Pourquoi faites-vous ça ?», Ils répondent  : «Pour affirmer les principes de la démocratie. Le régime du président al-Assad n’est pas démocratique et le triomphe de la démocratie doit être assuré.» Très bien. «La démocratie est-elle partout ?» «Non, pas encore, mais la démocratie doit exister en Syrie.» «OK. Et comment fabriquez-vous une société démocratique ? Est-il possible d’y parvenir par la force des armes ou tout simplement par la force ?» «Non, cela ne peut se faire qu’avec l’aide des institutions et des procédures démocratiques.» Et quelles sont-elles ? Il n’y a pas de façon plus démocratique de former un gouvernement que des élections sur la base du droit fondamental : une Constitution formulée de façon claire, qui est transparente et acceptée par la majorité écrasante de la société. Définir la Constitution et organiser des élections sur cette base. Qu’y a-t-il de mauvais à cela, surtout si elles sont faites sous contrôle international ?

Parfois, nous entendons que certains pays de la région ne comprennent pas complètement ce qu’est la démocratie. Est-ce que nous voulons remplacer un régime non démocratique avec un autre non démocratique ? Et si nous voulons vraiment promouvoir le principe de la démocratie, alors nous devons le faire par des moyens démocratiques. Mais compte tenu du fait que ce processus est compliqué et que les résultats ne viendront pas demain ni après-demain, il faudra du temps, alors nous avons besoin de faire quelque chose dès aujourd’hui. Je suis d’accord avec les propositions de nos partenaires, principalement nos partenaires américains, qui suggèrent (je ne sais pas, peut-être que je suis en train de trop en dire, bien que, d’autre part, cette proposition des États-Unis soit connue dans la région, et les négociateurs des deux parties – le gouvernement et l’opposition – sont familiers avec elle et je la considère absolument acceptable), d’envisager la possibilité d’installer des représentants de l’opposition dans les structures de pouvoir existantes, comme par exemple le gouvernement. Il est nécessaire de penser aux pouvoirs que ce gouvernement exercera.

Cependant, il est important de ne pas aller trop loin. Il est nécessaire de procéder à partir des réalités actuelles et de s’abstenir de déclarer des objectifs irréalistes, donc irréalisables. Beaucoup de nos partenaires disent qu’Assad devrait partir. Aujourd’hui, ils disent d’accord, nous allons restructurer les institutions de telle ou telle façon, mais en termes pratiques, cela se traduira également par son départ. Mais cela aussi est irréaliste. Par conséquent, il est nécessaire d’agir avec prudence, étape par étape, de gagner progressivement la confiance de toutes les parties prenant part au conflit.

Si cela se produit, et je pense que cela se produira de toutes façons, et le plus tôt sera le mieux, il sera possible d’aller plus loin et de parler d’élections ultérieures et de règlement final. Le point principal est de prévenir l’effondrement du pays. Mais si les choses continuent d’aller comme aujourd’hui, l’effondrement deviendra inévitable. Et ceci est le pire des cas, parce que nous ne pouvons pas prétendre qu’après l’effondrement du pays, des formations quasi-étatiques puissent coexister dans la paix et l’harmonie. Non, ce sera un facteur de déstabilisation pour la région et le reste du monde.


– Permettez-moi, Monsieur le Président, de vous demander de nous parler d’une autre démocratie, qui vit un tout autre genre de drame. Vous avez fait des commentaires sur le candidat républicain américain, Donald Trump. Vous avez dit qu’il était brillant, remarquable, talentueux. Ces commentaires ont été rapportés dans le monde entier. Je me demandais, ce qui vous a amené à cette opinion, et l’avez-vous encore ?

– Vous êtes bien connu dans votre pays, vous, personnellement. Non seulement en tant qu’hôte d’une grande société de télévision, mais aussi en tant qu’intellectuel. Alors pourquoi déformez-vous tout ? Le journaliste en vous obtient le meilleur de l’analyste. Écoutez ce que j’ai vraiment dit. J’ai dit, en passant, que Trump est une personnalité vivante. N’est ce pas exact ? Si. Je ne lui ai attribué aucune autre caractéristique. Cependant, ce que je constate vraiment et ce que je salue certainement – et je ne vois rien de mal à ce sujet, au contraire – c’est que M. Trump a déclaré qu’il est prêt à une restauration à grande échelle des relations russo-américaines. Quel est le problème avec ça ? Nous nous félicitons de cela ! Pas vous ?

Nous n’intervenons pas dans la politique intérieure des autres pays, en particulier les États-Unis. Cependant, nous travaillerons avec le président que le peuple des États-Unis élira, quel qu’il soit. Bien que je ne pense pas, par ailleurs, que… Bon, ils sermonnent tout le monde sur la façon de vivre et sur la démocratie. Maintenant, pensez-vous vraiment que les élections présidentielles là-bas soient si démocratiques ? Regardez, par deux fois dans l’histoire des États-Unis, un président a été élu par une majorité d’électeurs, mais ces électeurs étaient soutenus par un plus petit nombre d’électeurs. Est-ce cela, la démocratie ? Et quand (nous avons parfois des débats avec nos collègues, nous n’accusons personne de quoi que ce soit, nous avons simplement des débats), on nous dit : «Ne vous mêlez pas de nos affaires. Mêlez vous de vos propres affaires. C’est comme cela que nous faisons», nous nous voyons répondre : «Eh bien alors, dans ce cas, ne vous mêlez pas non plus de nos affaires. Pourquoi le faites-vous ? Mettez d’abord votre propre maison en ordre».

Mais, pour insister, ce ne sont pas nos affaires même si, à ce que j’en sais, les procureurs eux-mêmes chassent les observateurs internationaux loin des bureaux de vote lors des campagnes électorales. Les procureurs américains menacent de les emprisonner. Cependant, ce sont leurs propres problèmes. Voici comment ils font les choses et ils aiment que ce soit comme ça. L’Amérique est une grande puissance, peut-être aujourd’hui la seule superpuissance. Nous acceptons cela. Nous voulons travailler avec les États-Unis et nous y sommes prêts. Peu importe la façon dont ces élections se tiendront, elles finiront par avoir lieu. Il y aura un [nouveau] chef de l’État avec des pouvoirs étendus. Il existe des processus politiques et économiques internes complexes à l’œuvre aux États-Unis. Le monde a besoin d’un pays puissant comme les États-Unis, et nous en avons également besoin. Mais nous n’avons pas besoin qu’ils interfèrent de façon continue dans nos affaires, nous disent comment vivre, et empêcher l’Europe de construire une relation avec nous.

De quelle manière les sanctions que vous avez mentionnées affectent-elles les États-Unis ? En aucune manière. Ils n’en ont rien à faire de ces sanctions, parce que les conséquences de nos actions en réponse n’ont aucune incidence sur eux. Elles se répercutent sur l’Europe, mais pas sur les États-Unis. Zéro effet. Cependant, les Américains disent à leurs partenaires  : «Soyez patients». Pourquoi devraient-ils l’être ? Je ne comprends pas. Laissez-les faire ce qu’ils veulent.

Matteo [Renzi], pourquoi devraient-ils être patients ? Maintenant Matteo va vous expliquer pourquoi ils devraient être patients. C’est un brillant orateur, nous allons le voir. Ses remarques ont été excellentes. Je dis cela sincèrement, honnêtement. L’Italie peut être fière de son Premier ministre, vraiment. Tout simplement magnifique.

Nous ne faisons l’éloge d’aucun candidat à la présidentielle américaine. Ce ne sont pas nos affaires. Comme disent les Allemands : ce n’est pas notre bière. Parce que, quand ils auront fait leur choix, nous allons travailler avec un président qui a reçu le soutien du peuple américain, dans l’espoir que ce sera une personne qui cherche à développer des relations avec notre pays et aide à construire un monde plus sûr.


– Juste pour être clair, Monsieur le Président, le mot brillant était dans la traduction Interfax, je me rends compte que les autres traductions pourraient dire lumineux, mais j’ai utilisé la traduction officielle d’Interfax. Mais permettez-moi de vous poser des questions sur une autre personne avec laquelle vous avez beaucoup traité. M. Trump, vous ne l’avez jamais rencontré. Hillary Clinton était secrétaire d’État. Dans vos très longues questions et réponses avec le peuple russe, vous avez fait une blague, quand quelqu’un vous a posé une question à son sujet – vous avez dit, je pense que c’est une expression russe, le mari et la femme sont le même diable. Et ce que cela signifie, dans la version anglaise, qu’ils sont les deux côtés de la même médaille. Qu’est-ce que vous entendez par là, et que pensez-vous d’elle en tant que secrétaire d’État ? Vous avez beaucoup négocié avec elle.

– Je n’ai pas travaillé avec elle, c’est Lavrov qui l’a fait. Demandez-lui. Il est assis ici.

Je n’étais pas ministre des Affaires étrangères, c’est Sergeï Lavrov qui l’était. Il va bientôt rattraper [l’ancien ministre soviétique des Affaires étrangères, Andrei] Gromyko. (S’adressant à Sergeï Lavrov.) Depuis combien de temps es-tu à ce poste ?

J’ai travaillé avec Bill Clinton, mais pour un temps très court, et nous avons eu une très bonne relation. Je peux même dire que je lui suis reconnaissant pour certains moments, alors que je venais d’entrer juste sur la grande scène politique. A plusieurs reprises, il a montré des signes d’attention, de respect pour moi personnellement, ainsi que pour la Russie. Je m’en souviens et lui en suis reconnaissant.

A propos de Mme Clinton. Peut-être qu’elle a son propre point de vue sur le développement des relations russo-américaines. Vous savez, il y a quelque chose sur laquelle je voudrais attirer [votre] attention, qui n’a rien à voir avec les relations russo-américaines ou avec la politique nationale. Elle est plutôt liée à ma stratégie personnelle.

Dans mon expérience, j’ai souvent observé comment sont les gens, avant qu’ils ne prennent un nouveau travail et ce qu’ils deviennent par la suite. Souvent, vous ne les reconnaissez plus, car une fois qu’ils atteignent un certain niveau de responsabilité, ils commencent à parler et à penser différemment, ils ont même un aspect physique différent. Nous agissons suivant l’hypothèse que le sens de la responsabilité du chef d’État américain, la tête du pays dont beaucoup dans le monde dépend aujourd’hui, que ce sens de la responsabilité encouragera le président nouvellement élu à coopérer avec la Russie et, je voudrais le répéter, à construire un monde plus sûr.


– Président Poutine, permettez-moi enfin de vous poser une question au sujet des reportages sur les athlètes russes. Il y a maintenant deux grandes enquêtes, qui ont montré que les athlètes russes se sont engagés dans un dopage à grande échelle et qu’il y a eu fraude systématique et trucage des échantillons de test et de laboratoire. Et je me demandais quelle est votre réaction à ces rapports.

– Je ne comprends pas, de quel genre de programme il s’agit, qui permet de manipuler les échantillons qui ont été prélevés pour des tests ? Si des échantillons sont recueillis, ils doivent immédiatement être transférés à des organisations internationales pour le stockage et on n’a plus rien à voir avec eux. Les échantillons sont prélevés et emmenés quelque part, à Lausanne ou ailleurs, je ne sais pas où, mais ils ne sont pas sur le territoire russe. Ils peuvent être ouverts, vérifiés, et c’est ce que les spécialistes font maintenant.

Le dopage n’est pas qu’un problème russe. C’est un problème qui concerne l’ensemble du monde sportif. Si quelqu’un essaie de politiser quelque chose dans ce domaine, je pense que c’est une grosse erreur, parce que tout comme la culture, par exemple, le sport ne doit pas être politisé. Ce sont des ponts qui rassemblent les gens, les nations et les États, les rapprochent. C’est la bonne façon de l’aborder, et non pas en essayant de forger une certaine stratégie anti-russe, ou anti-quoi que ce soit, sur cette base.

Quant aux autorités russes, je peux vous assurer que nous sommes catégoriquement contre tout dopage, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, en tant qu’ancien athlète amateur, je peux vous dire, et je pense que la grande majorité des gens seront d’accord avec ceci : si nous savons qu’il y a dopage, il n’est plus intéressant de regarder l’événement ; des millions de fans perdent l’intérêt pour le sport.

Deuxièmement, non moins important, et peut-être même le plus important, il y a la santé des athlètes eux-mêmes. Vous ne pouvez pas justifier tout ce qui nuit à la santé. C’est la raison pour laquelle nous avons combattu et nous continuerons à lutter contre le dopage dans le sport au niveau national.

En outre, pour autant que je sache, le bureau du procureur général et la commission d’enquête ont observé de près tous les faits rapportés dans les médias, entre autres. Simplement, cela ne doit pas être transformé en une campagne, notamment une campagne dénigrant le sport, y compris le sport russe.

Ensuite, le troisième point que je voudrais soulever. Il est un concept juridique qui dit que la responsabilité ne peut être qu’individuelle. La responsabilité collective ne peut pas être imposée à tous les athlètes ou aux athlètes d’une fédération de certains sports, si certains individus ont été pris en flagrant délit de dopage. Une équipe entière ne peut pas être tenue pour responsable des individus qui ont commis cette infraction. Je crois que c’est une approche tout à fait naturelle, correcte.

Cependant, le dopage n’est pas le seul problème aujourd’hui. Il y a beaucoup de problèmes dans le sport. L’Euro 2016 est en cours. Je crois que moins d’attention est accordée au football qu’aux bagarres entre les fans. C’est très triste et je le regrette, mais là aussi, nous devons toujours procéder selon certains critères généraux. Pour rappel, la responsabilité pour faute doit être individualisée, autant que possible, et l’approche à l’égard des auteurs devrait être la même.

L’Euro 2016 a commencé par une affaire très médiatisée  : un combat entre les fans russes et britanniques. C’est absolument scandaleux. Certes, je ne sais pas comment 200 fans russes ont pu tabasser plusieurs milliers de Britanniques. Je ne comprends pas. Mais dans tous les cas, les organismes d’application de la loi devraient adopter la même approche envers tous les auteurs.

C’est la façon dont nous avons organisé ce travail et nous continuerons à lutter contre le dopage et à faire respecter la discipline parmi les fans. Nous allons travailler avec ces associations de supporters. J’espère vivement qu’il y a beaucoup de gens intelligents et sensibles parmi les fans, qui aiment vraiment le sport et qui comprennent que les infractions ne soutiennent pas leur équipe, mais, au contraire, lui causent des dommages, à l’équipe et au sport. Cependant, beaucoup reste encore à faire ici, y compris en collaboration avec nos collègues [étrangers].

Je tiens à souligner qu’il n’y a absolument aucun soutien et qu’il ne doit y avoir absolument aucun soutien pour les infractions dans le sport, en particulier le dopage, au niveau de l’État. Nous avons travaillé et nous continuerons à travailler avec toutes les organisations internationales dans ce domaine.


– Eh bien, nous avons eu une discussion très large, et il y a eu des points de désaccord, puis des points d’accord profond, comme sur la qualité des femmes qualifiées Kazakh à gouverner le monde. Président Poutine, je me demandais si vous aviez quelques dernières pensées à nous faire connaître et puis nous terminerons cette session.

– Tout d’abord, je voudrais remercier tous ceux qui sont venus à Saint-Petersbourg.

Je tiens à remercier notre modérateur. Je pense que nous avons eu une discussion très animée. Nous sommes d’accord sur certains points et en désaccord sur d’autres, mais il y a plus de choses qui nous unissent – c’est absolument évident.

Notre ami italien m’a fait un peu peur vers la fin, en disant qu’à moins qu’elle ne change, l’Europe n’existera plus. Cela semble inquiétant, mais pour être honnête, je ne pense pas que ce soit le cas – après tout, l’Europe est l’Europe. Les fondations de son économie ne nous donnent pas de raison de croire que l’Europe viendra à une fin, à aucun moment, quels que soient les processus internes qui s’y déroulent. Elle est notre principal partenaire commercial et économique. Il est clair que les dirigeants européens veulent acquérir une certaine dynamique, tout comme nous en Russie, voulons certainement la même chose. Dans mon discours, j’ai décrit comment nous allons y parvenir.

Vous savez, il est symptomatique qu’aujourd’hui, nous ayons ici le dirigeant d’un pays européen (et un pays qui se développe assez rapidement) – l’Italie, et le dirigeant du Kazakhstan – notre partenaire le plus proche et un allié avec lequel nous sommes en train de construire un partenariat d’intégration. Aujourd’hui, nous sommes réunis tous ensemble. Cette situation est symptomatique, parce que nous devons concentrer notre attention sur la réunion de nos forces pour le bien du développement, si nous voulons y arriver.

Pour sa part, la Russie fera tout pour suivre précisément cette route, se développer activement intérieurement tout en restant ouvert à la coopération avec tous nos partenaires.

Un grand merci à vous tous et bonne chance.

Vladimir Poutine.